Avicen Riahi

Natacha Clémentine

Avicen Riahi est né le 2 février 1990 à Marseille. Il grandit dans les quartiers nord de la ville, dans un environnement populaire qui nourrira durablement son imaginaire. Très jeune, il se passionne pour le cinéma, notamment grâce au vidéoclub familial, lieu de découvertes fondatrices. En 2011, il est soutenu par Bertrand Blier pour son premier court métrage La Putain, et en 2013 il est lauréat du Moulin d’Andé pour son scénario Salauds de pauvres ! Parallèlement, Avicen Riahi développe une activité significative au théâtre, qui enrichit son approche du récit et du jeu. Il écrit et met en scène plusieurs projets originaux. Parmi eux, La Société du Dé, une création originale présentée au Théâtre des Ateliers à Aix-en-Provence.

Toute œuvre est une biographie déguisée de son auteur. C’est un cliché, certes, or ici c’est tellement le cas que je préfère commencer par le prétendre. Chaque nouvelle déploie une sensation. Je dirais même, une gifle. J’en ai quelques-unes dans ma collection. Je parle de gifles. Celles données, celles reçues. Deux tas sympathiques dans mon coffre-fort intime. La plupart de ces écrits ont pour ventre des trains dans la nuit. L’urgence (le train) et l’isolement (la nuit), les deux mamelles de ma littérature. Pour le reste, il suffisait de décrire les démons à ma poursuite. Je ne sais pas si c’est le cas pour les vôtres, mais les miens sont ultra-expressifs. Il suffit de les regarder et toutes sortes d’histoires me viennent. Je ne vous donnerai pas leurs noms. Je ne suis pas une poucave. À vrai dire, le plus compliqué, c’est l’honnêteté. Et quand je parle d’honnêteté, mon propos n’est pas moral, mais esthétique. Un mensonge en phrase, ça finit par sauter aux yeux. Attention, ce n’est pas aussi simple de s’en débarrasser ; le mensonge est un brouillon utile. Il nous rassure, comme la flaque sur laquelle apparaît en reflet le bon chemin. Et puis la posture. Je me suis d’abord dit qu’il fallait refuser toute posture. Là encore, ce n’est pas aussi simple. Cette chose ridicule est parfois utile. Avant de devenir, nous faisons semblant d’être. Il y a dans cette succession de textes bien des fois où je me suis surpris à devenir quelqu’un d’autre, et de manière définitive. Je commençais une phrase en étant une version de moi-même et je la finissais en étant une autre version de moi-même. Un peu de science-fiction, ça ne fait pas de mal ? 


Parution : 01/04/2026


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Communiqué de presse