Éditions Douro "Par la lecture, on s'absente de soi-même et de sa propre vie." Alphonse Karr
Jérôme d'Estais
Recension d'Ange solitaire dans le Monde libertaire, par Patrick Schindler
« Comment s’y prend-on pour raconter une vie de roman, une vie plus fictive que la réalité ? » C’est ce qu’a tenté de faire l’écrivain-journaliste du cinéma Jerôme d’Estais, dans Ange solitaire (éd. Douro).
Nous sommes à Berlin. Thomas, le « narrateur » de cet essai tente de prendre rendez-vous avec la mythique Zazie. Fille d’immigrés communistes juifs, née à Paris dans les années 40. Personnage polymorphe, égérie des nuits berlinoises. Dix-huit jours pour arriver enfin à fixer un jour, une date ! Tandis qu’il se décourage, ses amis lui disent de persévérer « Sois patient, quelle vie elle a eu, tu sais, la transsexualité … Grouille-toi avant qu’un autre te pique le sujet, avant qu’elle meure, comme disent les plus cyniques » !
Thomas se souvient du jour où elle a reçu la légation des Chevaliers des Arts à l’ambassade de France de Berlin, le 7 mai 2019. Lors d’un discours elle relia certains moments de sa vie « les champs et les hors-champs, le visible et l’invisible, exhibée de Mykonos à Bâle devant des Verdurins helvètes ».
C’est à partir de ce premier souvenir que nous allons voyager un peu partout avec Zazie - lorsqu’elle était encore « il » - tandis qu’à l’âge de six ans, elle rejoignit son père à Paris, chez sa grand-mère qui ne parlait que le yiddish « souvenir d’un pays où alors, tout le monde cherchait la paix ». Nous suivrons Zazie, partie sur les pas de Zazie dans le métro de Raymond Queneau puis à quinze ans, fervente d’un théâtre de MJC à Montreuil. Nous suivrons son évolution, autant d’étapes que son amour de la rigueur imposée par la danse et la musique classique et son amour de Chopin. Puis, il y aura le beau Serge ; les fumeries d’opium au Japon ; les danseurs de NO qui l’inspirent, avant son retour à Paris, transformée en Solange à l’Alcazar et plus tard dans les milieux punks et underground de Berlin.








